Enseignement des langues au primaire : méthodes et résultats

 

 

Grande question qui revient sur toutes les langues quand on parle apprentissage de l’anglais : Les français sont-ils vraiment « nuls » par rapport aux autres européens ?

Et bien bonne nouvelle, il semblerait que l’écart se resserre. En effet, lorsqu’on compare les résultats obtenus par les jeunes français et les autres européens aux tests Young Learners English de Cambridge  ESOL, on s’aperçoit que les notes des français sont dans la moyenne ou au dessus.

S’il est vrai que le niveau d’anglais des petits français a progressé, certains facteurs justifient que notre niveau général d’anglais soit encore inférieur à celui des autres européens :

  • Dans leurs consonances comme dans leurs constructions, les langues scandinaves et germaniques sont plus proches de l’anglais que  peut l’être le français
  • Pendant longtemps et jusqu’il y a peu de temps, l’enseignement des langues vivantes a quelque peu péché en France
  • Chez nos voisins les pays européens du nord, les séries télévisées et les films anglophones sont très rarement doublés, exposant les auditeurs à la langue anglais quotidiennement et  ce dès leur très jeune âge.   Dans les pays scandinaves, seuls les dessins animés pour les tous petits (moins de 6 ans) sont doublés. Les autres enfants n’ont jamais connu Homer Simpson avec un accent suédois ou danois !
  • Enfin on peut se poser la question de savoir si la taille du Pays, son ouverture commerciale à l’internationale, les dispositions au voyage de ses habitants peuvent également avoir un impact sur la motivation et les occasions d’apprentissage d’une langue étrangère.

Cours Anglais Enfants Enseignement des langues au primaire : méthodes et résultats

Aujourd’hui, on peut avoir bon espoir que les jeunes générations rattrapent le niveau

Des choses sont en train de changer dans le bon sens :

o   Une certaine volonté d’initier plus tôt les enfants à une première langue étrangère semble émaner de nos dirigeants. Volonté qui doit être maintenant confirmée dans les faits et la pratique.

o   La pédagogie elle-même semble adopter une approche plus communicative avec d’avantage sur l’expression orale, les jeux de rôles, la communication dans des situations réelles…

o   Les enfants ne sont plus exposés à l’anglais qu’à l’école. Internet leur apporte nombre de contenus (vidéos, clips, applications en ligne…) non traduits.

Reste que des obstacles à surmonter demeurent, notamment dans la manière de calquer les méthodes d’apprentissage de l’anglais sur celles du français, en donnant une importance majeure à la grammaire, au détriment de l’approche communicative. La Suède* par exemple bénéficie d’un programme spécifique et séparé pour l’anglais, tandis qu’en France, un unique programme vaut pour l’ensemble des langues étrangères. L’oralité continue également de faire défaut aux jeunes apprenants, qui échangent avec des professeurs ayant souvent eux-mêmes un accent français fort. On peut enfin regretter que pour des raisons de budget, les intervenants anglophones extérieurs se voient confier de moins en moins de cours « enfants » ou de sessions d’accompagnement et formation des maitres des écoles dans les établissements primaires.

*Communicative Language teaching at two schools in Sweden and France. 2010 Author Andersson, Jenny and Batak, Cimen

Les résultats des examens de Cambridge pour les enfants en primaires montrent que la France est dans ou au dessus de la moyen. (YLE Exam Report 2009)

Exam France (2009) World average
Starters (speaking) 4.26 4.24
Starters (reading and writing) 3.99 3.91
Starters (Listening) 4.06 3.57
Movers (speaking) 4.29 4.31
Movers (reading and writing) 3.07 3.21
Movers (Listening) 3.44 3.05
Flyers (speaking) 4.44 4.37
Flyers (reading and writing) 3.42 3.22
Flyers (Listening) 3.73 3.09

 

Isabelle, maman blogueuse
Partenaire rédacteur du blog